Les nouvelles lunettes connectées permettent de filmer, photographier ou enregistrer très discrètement. Souvent, la seule indication visible est un petit voyant lumineux. Mais est-ce réellement suffisant pour informer les personnes filmées ?
Prenons un exemple : vous êtes à la plage. Une personne vous filme longuement avec ses lunettes connectées. Vous ne remarquez pas le petit voyant rouge. Quelques heures plus tard, la vidéo est publiée sur un réseau social avec des commentaires moqueurs sur votre physique ou votre comportement. Elle est ensuite partagée, détournée, modifiée ou reprise dans des montages réalisés par des outils d’intelligence artificielle.
À partir de ce moment, on ne parle plus simplement d’un souvenir de vacances. On entre dans des questions liées au droit à l’image, au respect de la vie privée, au harcèlement en ligne, voire à la diffamation selon le contexte.
Cette évolution soulève aussi des questions juridiques importantes. En Belgique, le droit à l’image repose en principe sur le consentement de la personne concernée pour la prise et l’utilisation de son image lorsqu’elle est identifiable. Le RGPD s’applique également dès lors qu’une personne peut être reconnue sur une photo ou une vidéo.
Mais comment exercer concrètement son droit à l’information ou donner un consentement libre et éclairé lorsque l’enregistrement est presque invisible et que la seule information disponible est un petit voyant lumineux sur une monture ? La question mérite d’être posée.
Les lunettes connectées ne créent pas les abus. Elles rendent simplement la captation d’images plus discrète, plus mobile et plus banale. C’est précisément pour cette raison que le débat sur le respect de la vie privée devient aujourd’hui plus important que jamais.